Travailler avec la nature plutôt que contre elle, c’est l’idée directrice du compagnonnage. Associer les plantes au potager pour limiter les maladies consiste à combiner légumes, aromatiques et fleurs afin de créer des barrières physiques, olfactives et biologiques contre les bioagresseurs. Cette approche renforce la biodiversité, maintient un sol vivant et réduit l’usage de traitements, tout en s’inscrivant dans une gestion écologique de l’eau et du paillage.
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Règle d’or : plus le système est diversifié, moins il tombe malade. C’est la base pour associer les plantes au potager pour limiter les maladies durablement.
Pourquoi associer les plantes au potager pour limiter les maladies ?
Les associations végétales agissent à plusieurs niveaux : confusion olfactive pour désorienter certains ravageurs, attraction des auxiliaires (coccinelles, syrphes, chrysopes), régulation du microclimat grâce à l’ombre portée et au paillage, structuration du sol par des racines complémentaires. En conséquence, la pression des maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, botrytis) et des ravageurs opportunistes diminue sans recourir à des produits de synthèse.
Astuce de base : implante un “couloir de fleurs” (soucis, bourrache, cosmos, phacélie) au cœur du potager ; c’est un aimant à pollinisateurs et micro-prédateurs.
Les 5 grands principes du compagnonnage efficace
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Diversifier vraiment : mélange légumes-feuilles, légumes-fruits, racines, fleurs compagnes et aromatiques.
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Empiler les strates : hautes (maïs, tournesol), moyennes (tomate, chou), basses (salade, fraise) pour optimiser lumière et air.
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Soigner l’eau : paillage épais, goutte-à-goutte, pas d’aspersion le soir.
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Aérer : distances justes, tailles douces, suppression des feuilles malades.
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Abriter les auxiliaires : bandes fleuries, tas de bois, zone sauvage temporaire.
Pro tip : des allées drainantes autour des planches limitent les éclaboussures de terre porteuses de spores. Voir l’article Les revêtements drainants sont un enjeu écologique majeur.
Par familles de légumes : les associations qui font la différence
Solanacées (tomate, poivron, aubergine)
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Alliés : basilic, ciboulette, bourrache, œillet d’Inde (tagète).
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Bénéfices : confusion olfactive, appui aux auxiliaires, meilleure nouaison.
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À éviter : proximité avec pomme de terre pour ne pas partager le mildiou.
À coupler avec une bonne gestion de l’eau : Gestion de l’eau – le rôle clé du paysagiste.
Apiacées (carotte, panais, céleri)
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Alliés : poireau, oignon (barrière croisée contre mouches/teignes), aneth/fenouil (auxiliaires).
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Plus : capucine en plante-piège pour les pucerons.
Brassicacées (choux)
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Alliés : thym, romarin, menthe (en pot), tanaisie, capucine.
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Cible : altises, piérides, hernie du chou (prévenir par rotation + sol vivant).
Cucurbitacées (courgette, concombre, potimarron)
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Alliés : ail, oignon, ciboulette (effet antifongique), capucine (plante-piège).
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Enjeu : oïdium et mildiou → paillage + arrosage au pied + aération.
Légumineuses (haricots, pois)
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Alliés : maïs (tuteur vivant), courges (couvre-sol) = trio des “trois sœurs”.
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Plus : fixation d’azote → vigueur générale de la planche.
Inspiration carrés potagers pour organiser les associations : Les carrés potagers.
Par problèmes fréquents : quoi associer (et quoi éviter)
Mildiou (tomate, pomme de terre)
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Associer : basilic, ciboulette, bourrache, tagètes.
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Éviter : tomate ≈ pomme de terre, aspersion tardive, plantations trop serrées.
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Gestes : pailler, tailler pour ventiler, arroser au pied.
Oïdium (courgettes, concombres)
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Associer : ail, oignon, ciboulette, capucine.
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Gestes : ombrage léger aux heures chaudes, renouveler le paillage.
Pucerons (général)
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Associer : capucine (piège), aneth, fenouil, cosmos, souci, achillée.
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Objectif : attirer coccinelles, chrysopes, syrphes (bandes fleuries).
Altises (choux, radis)
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Associer : capucine, moutarde (engrais vert piège), menthe en pot.
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Gestes : voiles anti-insectes au lancement, arrosages réguliers.
Complément utile : Préserver l’écosystème dans votre jardin.
Plan type de parcelles associées (prêt à copier)
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Bordures aromatiques (thym, origan, ciboulette) = halo olfactif permanent.
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Lignes mixtes : tomate+basilic+œillet d’Inde ; carotte+poireau ; chou+thym.
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Îlots fleuris tous les 3–4 mètres : bourrache, souci, phacélie.
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Couverts permanents entre deux cultures : phacélie, trèfle nain, moutarde (rotation).
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Allées drainantes : limiter éclaboussures, circuler par temps humide.
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Carrés surélevés si sol lourd : pilotage fin de l’eau et de la densité (voir nos réalisations).
Pour un design global alliant esthétique et utilité : Créer un jardin esthétique et écologique.
Tableau pratique : associations utiles et effets attendus
| Culture principale | Plantes compagnes | Effet recherché | Ciblage maladies/ravageurs | Résultat attendu |
|---|---|---|---|---|
| Tomate | Basilic, bourrache, ciboulette, tagètes | Confusion olfactive, auxiliaires | Mildiou, pucerons | Meilleure nouaison |
| Pomme de terre | Lin, tanaisie, tagètes | Répulsion, auxiliaires | Nématodes, mildiou (indirect) | Tubercules sains |
| Chou | Thym, romarin, capucine | Répulsion/leurre | Altises, piérides | Feuilles nettes |
| Courgette | Ail, oignon, capucine | Antifongique, piège | Oïdium, pucerons | Production stable |
| Carotte | Poireau, oignon | Barrière croisée | Mouche/teigne | Racines nettes |
| Haricot | Maïs, courge | Tuteur vivant, azote | Stress hydrique (indirect) | Trio “trois sœurs” |
| Salade | Ciboulette, souci | Répulsion, auxiliaires | Botrytis, pucerons | Salades compactes |
Erreurs à éviter absolument
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Densité excessive → humidité stagnante.
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Pas de rotation → maladies du sol persistantes.
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Aspersion tardive → feuillage humide la nuit.
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Compost insuffisant → tissus fragiles.
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Stériliser le sol → certaines “mauvaises herbes” protègent quand elles sont gérées.
Voir aussi : 10 erreurs à ne pas faire en entretien de jardin et Guide complet – entretien de jardin.
Conclusion
Associer intelligemment les végétaux, c’est immuniser le système plutôt que traiter les symptômes. En diversifiant les familles, en ventilant les planches, en paillant et en nourrissant un sol vivant, tu réduis drastiquement la pression des maladies. Bref, associer les plantes au potager pour limiter les maladies est une stratégie globale, simple à appliquer et durable.
FAQ
Comment associer les plantes au potager pour limiter les maladies dès la première année ?
Lance trois tandems fiables (tomate+basilic, carotte+poireau, chou+thym), ajoute bandes fleuries et paillage, arrose au pied et espace pour ventiler.
Pourquoi les fleurs compagnes sont-elles si efficaces ?
Elles nourrissent les auxiliaires, brouillent les signaux des ravageurs et améliorent le microclimat ; la pression des maladies cryptogamiques baisse.
Quelles aromatiques placer près des légumes sensibles ?
Basilic (tomates), ciboulette (salades/tomates), thym/romarin (choux). Menthe en pot pour éviter l’envahissement.
Peut-on associer efficacement en bacs surélevés ?
Oui. Les carrés facilitent densité, rotation et gestion d’eau. Bordures d’aromatiques, fleurs au centre, légumes en îlots.
Le voile anti-insectes est-il compatible avec les associations ?
Parfait au démarrage (choux, radis, salades). Retire-le à la floraison des compagnes pour laisser entrer pollinisateurs et prédateurs.
Comment limiter l’oïdium des courgettes sans produit ?
Ail/oignon/ciboulette en compagnons, paillage épais, arrosage au pied le matin, aération et, si besoin, ombrage léger.























